Le vieil homme…

au-coin-du-feu

Le vieil homme ouvrit la fenêtre qui donnait sur le jardin.
Ce jardin qui autrefois fut rempli de vie par le rire des enfants.
Il revoyait encore ses belles allées bordées de pensées multicolores
qui s’épanouissaient le printemps venu.
La balancelle blanche où sa tendre épouse aimait venir s’asseoir, se trouvait là,
figée dans le décor comme si le temps s’était arrêté.
Le grand marronnier fut gelé par la froidure de l’hiver cette année-là.
Quelques feuilles brunes jonchaient à même le sol formant un linceul sombre.
Ici, l’horloge du temps avait suspendu sa course.
Ce lieu, depuis le départ de sa bien- aimée, était devenu sinistre pour lui.
Aucun éclat de voix ne lui venait en résonance.
Il n’entendait que le souffle du vent à travers les persiennes
Le vieil homme nostalgique soupira puis s’assit près de la cheminée
Il réchauffait ses mains au contact de la flamme vive.
Mais bien plus que cela,
il réchauffait son pauvre cœur solitaire par quelques bribes de mémoire.
De l’ombre de sa mémoire, quelques images fugaces surgissaient lui rappelant le passé.
Un passé qui fut rempli de joie, de silences parfois et de pleurs quelquefois.
Sa vie défilait en pointillé…
Dans sa tête tout était si confus !
Comme il aurait aimé en cet instant rejoindre son bel ange !
La vie sans elle n’avait plus vraiment d’intérêt, ni même plus de gout !


©Lucia

Je ne suis plus celui …

la vieillesse


Je ne suis plus celui qui donne
Je suis seulement celui qui prend
Quoi ? Ma triste mine vous étonne ?
Mais ne voyez-vous pas qu’il est temps
Pour moi qui faiblis, de fermer les yeux ?
Ma carcasse tremble, je deviens vieux…


Ah ! Tendez- moi vos mains câlines
Qu’elles réchauffent encore un peu ma peau
Mon cœur cogne et soulève ma poitrine
Mes soupirs ne sont plus que des maux
Mes os craquent au moindre mouvement
Je suis là et si loin déjà… Comme absent


Une voix lointaine lance son appel
Et je sens bien que mes idées s’emmêlent
Bientôt, j’irai rejoindre mes frères
La face tournée vers la lumière
Je sais, mes pensées ne sont plus claires !


Venez, plus près ! Ouvrez donc le tiroir
Là, ces feuillets racontent mon histoire
Mes écrits, bien avant que je perde la mémoire
Serrez moi, parlez-moi ! Mon coeur a froid ce soir


©Lucia