Le silence des mots

Le silencedes mots


Enfant, j’étais habituée au silence
Ma mère communiquait peu
Elle n’aimait guère que je m’agite
Que je parle de mes petites affaires
Tais –toi disait-elle souvent
Arrête donc de gigoter comme ça
Assieds- toi… tais-toi !
Comme une enfant docile et sage
Obéissante et bien adaptée
Je me suis arrêtée de parler
De bouger et même de respirer


Le silence ne m’a plus gênée
J’ai grandi dans le silence
Et la- non communication
Tant et si bien qu’à l’adolescence
Mon corps fatigué de tous ces silences
Se mit à parler, à sortir tous les mots
Qu’il ne put jamais prononcer
Et c’est par de grands maux
Qu’il finit par s’exprimer !


Pour entrer en relation et communiquer
Il faut pouvoir parler
Parler c’est exister
Ce n’est que vers l’âge adulte
Après bien des déboires
Que j’en fis l’apprentissage !


Lucia

que

Un père absent

pèrefille


Que de temps perdu à croire que l’on est rien
Un « incapable » ou pas quelqu’un de bien
A douter de soi, de ses faits, de ses dires
Parce qu’enfant, il vous a manqué un sourire


Celui d’un père au regard approbateur
Aux bras ouverts, accueillants et protecteurs
Un modèle pour bien se construire dans la vie
Et pour pouvoir affronter tous ses défis


Ce temps aussi à vous torturer l’esprit
Constatant que vous avez grandi sans lui
Le cœur meurtri, vous espériez son regard
Mais vous comprenez qu’il est déjà trop tard


Et que de temps à se sentir coupable
Dans la pensée qu’on n’était pas aimable
Un père longtemps absent ne saura jamais
Combien par son absence, vous souffririez


Lucia