Combien de fois …

citation-abbe-pierre


Combien de fois ai-je détourné le regard
Ou combien de fois ai-je changé de trottoir
Pour ne pas croiser les yeux de la souffrance
Pour ne pas y lire la désespérance


Combien de fois au détour d’une rue, j’ai vu
L’homme plié sous le fardeau. Son dos nu
Portant un baluchon comme seule maison
Et j’ai inventé bien des raisons


Pour fuir ces regards ! J’ai tracé mon chemin
Sans ne m’inquiéter de rien ! Avaient-ils faim ?
Mendier quelques euros pour se faire du bien …


Ai-je cherché à comprendre leur désespoir
Ou tout simplement ai-je refusé de savoir ?
Ces gens, sans doute me rappelaient mon histoire !


Mon corps a eu froid, oui de faim j’ai crevé
Le poids du mépris, moi aussi je l’ai porté
Ce monde de galères, je voulais l’oublier !!!


©Lucia

La vie était si douce … The life was so sweet …

Les-mots-manquent-victor-Hugo


Le soleil s’est éteint derrière l’horizon rouge sang
Ses rayons illumineront –ils à nouveau les cœurs
Apportant joie de vivre et insouciance comme autrefois ?
Voici que la terreur frappe jusqu’à nos portes
Des villes endeuillées pleurent leurs chers disparus
Saisies d’épouvante et d’indignation
La vie était si douce pourtant !
Nous marchions paisiblement dans nos rues
En un instant, la folie des hommes
A emporté des vies par surprise
L’innocent périt pour la gloire de qui ?
Et nous tairions nos bouches
Troublés, nous gardons le silence !
Mais ceux sèment l’injustice et la terreur
Quels fruits au juste vont- ils récolter ?
Le vent de la colère finira par les renverser !


©Lucia


The sun is off beyond the horizon blood red
Its rays will still illuminate the hearts
Bringing happiness and carefree as before?
Here, terror strikes until our doors
the towns mourn their loved ones
seized by horror and indignation !
Life was so sweet !
We were walking peacefully in our streets
In an instant , the madness of men swept
their lives by surprise !
The innocent died, for what glory ?
And we close our mouths
Moved , we are silent !
But those sow wickedness and terror
What fruits will they reap , exactly?
The wind of the anger will knock down eventually !

L’aigle et la colombe – The eagle and the dove

l'aigle et la colombe
English Version after this one


Pleine de grâce
La blanche colombe prit son envol
Juste sous l’œil perçant de l’aigle
Qui du haut d’une falaise
Fonça tout droit sur elle
De son bec féroce picota le petit corps
O pauvre créature sans défense
La voilà qui gisait maintenant sans vie
Seul un cri de douleur fendit le ciel en deux
L’aigle vorace à coups de becs
Dévora la chair tendre encore chaude
Alors sa douce compagne
Sous l’œil noir perçant de l’oiseau
S’élança bien courageusement
Pour atteindre mers et océans
Elle irait de par le monde
Porter un message de paix
Et raconter le triste sort
De son compagnon bien-aimé
Sur ses ailes encore frêles les reflets du ciel
Dessineraient un bel arc en ciel
Elle annoncerait à tous les hommes
Qu’il n’est point drôle de faire mourir des innocents
Juste par soif de gloire et de sang
Je me réveillai alors…
C’était mon rêve
À l’aube de ce nouveau jour


© Lucia
colombeblanche


Full of Grace
The white dove took flight
Just under the piercing eye of the eagle
From a cliff
Rushed straight for it
And its wild beak prickled the small body
O poor helpless creature
There it now lay lifeless
Only a cry of pain split the sky in two
The voracious eagle shots beaked
Devoured the tender flesh still hot
Then its sweet companion
Under the black piercing eye of the bird
Very bravely rushed
To reach the seas and oceans
It would go around the world
Bring a message of peace
And telling the sad fate
Of its beloved companion
On its frail wings the reflections of the sky
draw a beautiful rainbow
It would announce to all men
That it is not funny to kill innocent
Just by thirst of glory and blood
I awoke with a start when
For it was only a dream
At the dawn of this new day

Le sans abri

SDF

Il garde l’œil ouvert attentif aux bruits de la rue animée en ces temps de fêtes
Assis, tout près des marches d’une église, mine de rien il observe, épie les mouvements
Tous les « va et vient » de ces gens, qui avec leurs dégaines, leurs airs de bourgeois satisfaits,
jettent une misérable pièce dans sa boite en fer.
Ils le font sans même un bonjour, un sourire, un regard.
Sa boite, le seul objet qui lui reste et qu’il traine comme une vieille relique.
Tous ces gens puent le fric comme lui pue la rue qu’il squatte depuis des lustres.


Autrefois, il avait l’air aussi pincé que ces bourgeois friqués…
Il avait eu une famille, une maison, des affaires qui marchaient bien.
Puis, ce fut la dégringolade…
Tout en cascade, licenciement, chômage, trou financier et pour finir le divorce…
La bouteille devint son réconfort, son refuge pour calmer ses angoisses,
masquer ses peurs et sa terreur de l’échec
Et bien sûr, sa compagne n’y comprit rien à son désespoir…
Un jour, elle claqua la porte pour un autre
Un « type chic » comme elle disait, bien plus sécurisant que lui.
Il lui avait tout donné, même deux beaux garçons!
Il l’aimait plus que tout au monde

Qui était responsable ?
Qui avait décidé de son sort?


Ces phrases résonnent toujours dans sa tête, « Ah Monsieur vous êtes trop qualifié !
Vous couterez trop cher à notre entreprise… On ne peut vous embaucher »…
Et ce fut la descente aux enfers…
Lui, n’a pas demandé à chauffer les bancs.
A squatter la rue, couvert d’un amas de cartons pour ne pas geler la nuit.
Aujourd’hui,
ses yeux ont pour seule vue, la rue!
Il sait son lever et connait son coucher
Ses bruits lui sont familiers tout comme ce chien perdu près de lui
Ce compagnon de route qui l’aime et le comprend.
Il lui arrive de pleurer à chaudes larmes,
cherchant tout au fond de sa poche, la photo de ses enfants.


© Lucia

Terre ! Je t’ai aimée ♥ Earth! I loved you ♥

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Sais- tu combien je t’ai aimée ?
Le sais-tu ?
Je t’ai aimée comme ma Terre
Même si tu ne m’as vue naître !
Je t’ai aimée, fière
D’un jour t’appartenir
Oh! Dépouillée, je l’ai été
Pour te couvrir !


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Pour ton salut, j’ai prié,
Sur tes plaies, j’ai pleuré
L’âme attristée
De par tes meurtrissures
Mais tu as été
D’une arrogance sans nom
À faire sangloter le coeur
De par tes regards hautains
Qui sans raison
Ont méprisé mes dons
Et ma couleur de peau que tu as détestée
N’ai-je pas caressé la tienne
N’ai-je pas aussi vanté ta beauté ?


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Pourtant et malgré tout
Ah ! Si tu savais combien je t’aime
Même si parfois tu me blesses
Je ne peux que t’aimer !


Davi


©Lucia


Know you how much I loved you?
I loved you as my Earth!
Even, if you did not see me being born
I loved you, so proud
One day, belong to you
Skinned, I was
To cover you
For your safety, I asked,
On your wounds, I lamented
The saddened soul
Due to your bruises
But you were
Of nameless arrogance
To make the soul sob
Of your haughty glances
Which without reason
Disdained my gifts
And my skin which you also hated
Did not I cherish yours?
Did not I praise your beauty?
Nevertheless, if you knew as I love you
Even if you hurt me
I cannot hate you!